Avec Aimer Perdre, les frères Guit ont réussi un film drôle et culotté sur les déboires d’une looseuse magnifique qui fait de Bruxelles son terrain de jeu et de débrouille. Un film qui ne serait pas ce qu’il est sans l’attrait qu’exerce pour le duo de réalisateurs la gare du Midi.

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Saskia Vanderstichele
Venant de Paris, Lenny et Harpo Guit sont arrivés à Bruxelles en 2011. Le premier a étudié à l’IAD, le second au Conservatoire royal de Bruxelles. Pour les plus bruxellois des réalisateurs français, la gare du Midi a agi comme un aimant. Peu importe où ils ont habité, c’est l’endroit où ils aiment revenir. C’est là souvent qu’ils accueillent leurs amis venus leur rendre visite. « Les gens se rencontrent, se quittent. C’est le début et la fin d’innombrables histoires », avance Lenny.
« Toutes les fois qu’on y a attendu, c’est de l’ennui que sont venues des idées. Après, il n’y a plus qu’à faire le tri »
Réalisateur
C’est d’ailleurs une personne rencontrée aux alentours de la gare du Midi qui a inspiré le personnage d’Armande Pigeon, au centre de leur second film Aimer Perdre (leur premier, Fils de Plouc, remonte à 2021).
« On la rencontrait régulièrement autour de la gare et elle nous racontait des histoires les unes plus folles que les autres. Comme on était contents de l’écouter, elle continuait à nous raconter des trucs qui lui étaient arrivés sans qu’on sache si elle n’inventait pas la moitié. »
C’est aussi à la gare du Midi que les deux frangins ont rencontré celui qui allait les mener au musicien du film. « On a vu un gars qui jouait dans les couloirs. Il nous a parlé d’un musicien améri- cain qui vivait à Bruxelles. On l’a contacté et voilà », dit Harpo.
C’est la gare du Midi qui a accueilli le premier et le dernier jour du tournage du film. Si ces deux journées étaient espacées de deux semaines dans le planning, dans le scénario, elles se succèdent l’une à l’autre. Mais pas de chance, le premier jour était arrosé d’une fine pluie et le dernier, il faisait plein soleil. « Au montage, on nous a dit que ça ne passerait pas, mais je trouvais que l’alter- nance de pluie et de soleil est typique de Bruxelles. Alors on l’a gardé et la plupart des gens ne le remarquent pas », s’amuse Lenny.
« À Bruxelles, tout le monde a une histoire avec la gare du Midi. » Pour Lenny, elle a l’épaisseur et la valeur du portefeuille qu’il avait perdu sans s’en rendre compte. « J’étais à l’autre bout de la ville et celui qui l’avait trouvé m’a envoyé un message. Seulement, il avait un train à prendre, alors j’ai foncé. C’était comme une séquence d’un film d’action. »
Les gares, c’est aussi un lieu de l’ennui où les idées gambergent. « Toutes les fois qu’on y a attendu, c’est de l’ennui que sont venues des idées. Après, il n’y a plus qu’à faire le tri », conclut Harpo.
Aimer Perdre de Lenny et Harpo Guit, avec María Cavalier-Bazan, Axel Perin, Michael Zindel et Maxi Delmelle, sort en salles le 2/4
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